Le paysage dans le cadre des portières
Court furieusement, et des plaines entières
Avec de l’eau, des blés, des arbres et du ciel
Vont s’engouffrant parmi le tourbillon cruel

Verlaine, La bonne chanson (1869-1870)

Durant notre passage à travers les Balkans, nous avons recherché les trains. Moyen de transport nostalgique et reliant, le voyage en train compte pour nous tout autant que l’arrivée à destination. Il s’est avéré une véritable quête, quand nous nous sommes aperçus que le train ne se laissait pas prendre si facilement, contrairement aux nombreux bus. Retour sur quelques impressions ferroviaires, entre la Slovénie et la Turquie.

1790 km parcourus à travers 7 pays.


1 Slovénie : l’échappée verdoyante

Trajet : Ljubljana-Ptuj. 155 km

Dans le train tout est très calme, y compris le train lui-même qui serpente tranquillement, doucement, le long d’une rivière. Nous roulons souvent entre des collines verdoyantes, au creux d’une petite vallée. Parfois il me semble que ce sont des gorges. Torrent ou ruisseau, il y a toujours de l’eau à proximité. Les gares sont minuscules, quelques maisons les entourent, des fermes, des champs, quelques clochers. La campagne domine le paysage. Paisible. Propice aux pensées. Les maisons sont toutes bien ordonnées, bien propres rappelant un peu la Suisse bien que je n’y sois jamais allée. Comment peut-on se souvenir de lieux que l’on n’a jamais vu… ?

Le train est moderne et petit, deux ou trois wagons pas plus. Tous les trains ou presque sont de couleur rouge, et recouverts de tags colorés, parfois de véritables dessins, nous permettant de nous plonger dans un autre imaginaire.

Je regarde les gens, ceux qui montent et descendent, ceux qui sont assis non loin de moi. La plupart ont un visage particulier, des yeux verts comme le monsieur en face de moi, qui a un regard doux et triste. Un air slave, déjà. Il y a aussi  des types plus autrichiens ou suisses, l’air plus « rude ». Difficile à définir…Mais je sens bien que nous allons vers l’Est…En tout cas je n’entends quasiment rien, les voix sont graves et sourdes, nous avons bel et bien quitté l’Italie et la mélodie parfois tapageuse de la langue italienne.

Olivier s’est endormi contre son sac comme un bienheureux, son visage est baigné de soleil. Je commence à me rendre compte tout doucement que nous avançons, que nous sommes en train de partir loin, très loin, nous éloignant chaque jour un peu plus de chez nous. Vais-je y parvenir ? Allons-nous réussir à rejoindre l’Asie ?

Nous descendons à Pragersko pour traverser le rail et monter dans un autre train, beaucoup plus « vintage », avec des petites fenêtres comme les anciens trains « Corail ». Plus que 20 minutes et nous arriverons à destination. Sur le quai des cheminots mesurent la distance entre les deux rails à l’aide d’une sorte de grande règle en bois. Nous repartons, ballottés par le mouvement du vieux train et un bruit de machine cette fois plus présent.


 2  Slovénie/Croatie : Une frontière en rouge et bleu

Trajet : Rogatec-Zagreb. 75 km

Après trois jours de marches, nous arrivons sous la pluie froide à Rogatec. Enfin une ville, après les traversées de villages muets et déserts. Rogatec nous intéresse énormément, car on y trouve une gare. Perdue au pied des Donaka Gora (cf Comptes de la Montagne Noire), la ville prend pour nous le visage d’un El Dorado, et nous y pénétrons en héros fatigués, sac au dos et pas lourd, affamés et assoiffés.

Le guichet est ouvert. Il y a un train à quai. Nous sommes les seuls à y monter. C’est comme s’il nous attendait.

Nous sommes totalement seuls dans le train, excepté le contrôleur muni de sa machine à poinçonner. Le vieux train de couleur rouge, toujours tagué, démarre dans un fracas de moteur diessel. Cinq kilomètres plus tard, nous voici à la frontière Slovène. On vérifie nos passeports. Les barbelés se dressent tout autour des rails. Je revois la carte de géographie sur le sous-main de mon petit bureau d’enfant. Je suis les lignes noires du bout des doigts. Encore quelques kilomètres et cette fois nous nous arrêtons au poste d’entrée de la Croatie. Un policier entre et tamponne cette fois notre passeport d’un joli rectangle doté d’une petite locomotive dans le coin supérieur gauche. J’ai gagné mon bon point ! Encore un souvenir d’école.

Le train rouge slovène finit sa course quelques minutes plus tard, à la gare de Durmanec, qui est en tout point similaire à celle de Rogatec. Excepté quelques indices. Le jeu des 7 différences. L’enfance. Encore.

Il repartira en sens inverse, une fois sa mission accomplie. Drôle de destinée que celle de ce petit train qui ne roule que 15 kilomètres. Le trajet compte peu finalement, par rapport à l’acte symbolique du « passage » de frontière. Passage, pont, traversée, la mobilité des frontières comporte tout ce vocabulaire d’un mouvement et de sa trace, qui emprunte aussi aux grandes épopées, aux aventures fantastiques ou aux quêtes périlleuses.

Nous sommes passés. Le paysage n’a absolument pas changé, nous n’avons pas eu à quitter notre siège, nous n’avons pas sauté de gouffre abyssal, mais nous voilà euphoriques comme si nous venions d’échapper à un grand danger. Ouf. Nous sommes passés. Nous pensons aux sensations que doivent éprouver ceux pour qui le risque est réel… À Durmanec, un train bleu nous attend. Le drapeau croate flotte au vent. Les visages sont les mêmes, les uniformes aussi. Mais le train est bleu et non plus rouge. Bleu croate. Démarrage, même fracas de moteur. Allure d’escargot. Bientôt le monde urbain apparaîtra et fermera la parenthèse mystérieuse de cette frontière perdue dans les montagnes. Le tampon du train comme talisman, nous entrons à Zagreb.


3 Bosnie : le train fantôme ?

Trajet : Sarajevo-Doboj-Banja Luka. 250km

C’est à l’aveuglette que nous sommes montés dans les trains bosniaques, de Sarajevo à Banja Luka. D’abord une gare immense. Vide. Vaste édifice de style « socialiste », brut et massif.  Deux ou trois petits cafés animent le hall gigantesque, ainsi qu’une grande publicité Coca-Cola au-dessus des guichets représentant un train humanisé, enivré par le breuvage sucré et pétillant. Cette publicité étrange, psychédélique aurait presque un côté effrayant, me rappelant le delirium tremens de Dumbo dans le film éponyme de Disney. La gare de la capitale ne fonctionne que pour un seul et unique trajet. Vers Doboj. N’y montent que quelques habitués, des vieux ou des jeunes allant visiter un parent peut-être. Nous recueillons nos billets, assemblage de paperasses obscures, témoins d’une administration complexe. On pense au nombre impressionnant de ministres, de maires en Bosnie, dont l’organisation semble un beau sac de nœud mêlant trois religions.

Le train est un TGV espagnol, machine performante roulant à l’allure d’un tramway car les rails eux sont vacillants, et pour notre plus grand plaisir, car nous pouvons alors voir le film du paysage à travers les fenêtres, dans les moindres détails.

Des collines vertes, une rivière rouge, des petites maisons aux tuiles ocres, des chiens errants le long des rails, des individus avec un sac plastique à la main nous regardent, des femmes en fichus colorés assises dans l’herbe, regardent leur troupeau de moutons paître, des agents ferroviaires à la fière casquette, des déchets éparpillés, des usines survivantes des années 60, des champs de blés, fraises, vignes et encore des femmes en fichus, des minarets qui pointent çà et là, des blocs d’immeubles socialistes…

Dans le train, le contrôleur nous révèle l’existence secrète d’un autre train, allant de Doboj à Banja Luka. Il semble être le seul à détenir cette information car absolument rien ne l’indiquait. Un train peut donc en cacher un autre !

Doboj. Correspondance. 1H30 d’attente. De la gare nous apercevons au loin des immeubles et une grande voie routière. La gare semble elle aussi un lieu fantomatique, calme et dénudée. Un débit de boisson et de snacks douteux en tôle ondulée sera notre lieu d’attente. Des chiots jappent joyeusement autour de nous et gambadent entre nos jambes. Les cheminots se réunissent ici pour boire une bière. Le temps est ralenti, chaque geste est effectué avec minutie et lenteur.

Après notre deuxième trajet dans un compartiment presque plein cette fois, nous arrivons à destination. Banja Luka, en alphabet latin et cyrillique. Transition vers la grande Serbie. A Banja Luka, les personnes rencontrées furent totalement incrédules et surprises quand nous leur avons annoncé que nous étions venus en train.

Ces huit heures de trajets étaient-ils bien réels ? Et si le train fantôme existait ?


4 Montenegro : lexico-loco

Montenegro : Podgorica/Ostrog 38km

À Podgorica, capitale de béton, nous montons dans le train. Très vite nous quittons le monde urbain. Les montagnes surgissent de tous côtés et le petit train les traverse de part en part au moyen de nombreux tunnels. Les rails offrent une vue en balcon sur le paysage. Sauvage, sauvage, sauvage. Forêts denses, roches abruptes, nuages de brouillard noirâtre. A seulement 38km de la capitale, la nature  règne en maître. Les gares sont de plus en plus petites. Nous arrivons alors à destination, indiquée par le contrôleur sans qui nous serions encore en train d’attendre sur nos sièges. Ostrog. Nom étrange qui évoque un univers obscur : les barbares ostrogoths du moyen âge, ou une incantation maléfique…

Ostrog : nom masc. Peuple étrange vivant dans les marécages boueux de la planète Erkilür.

Ostrog : nom masc. Coléoptère de la famille des carabidae gigantus. Leurs carapaces peuvent atteindre les 2m de large. Espèce en voie de disparition.

Ostrog : nom propre. Château isolé de la région des Carpathes. Lieu de résidence des vampires, goules, harpies les plus effrayantes de toute la Roumanie.

Ostrog : …

Ostrog a un village que nous ne verrons pas. La gare n’y conduit pas, en revanche elle s’arrête au pied d’un sentier de terre qui monte en quasi ligne droite jusqu’à un monastère blanc, niché au flanc de la falaise. Un monastère d’où se perdent les odeurs d’encens à travers les arbres, d’où l’on entend les chœurs d’hommes puissants et ensorcelants. Le train nous laisse ici, seuls face à la montagne. La pluie tombe. C’est au monastère que nous montons, tels des pèlerins sur le chemin de Dieu. Le mot d’Ostrog résonne dans nos têtes. Ce nom renferme bien un mystère à jamais insoluble, celui de la foi…


5 Albanie : réveiller les voisins

Albanie : Shkoder/Voré 90km

Prendre le train au pays des funambules (cf Albanie funambule) comprend une certaine dose d’errance, mais aussi de joie et de surprise ! Il est 5h30 à Shkoder quand nous arrivons à la gare. Le seul train de la journée est sagement à quai, en préparation avant son heure de gloire, ou plutôt ses quatre heures de gloire, le temps du trajet. Quelques chiens dorment à nos pieds. Tout est silencieux et semble fermé. On voit arriver une famille tzigane, plusieurs petits enfants pieds nus qui s’engouffrent dans un wagon. Le spectacle se prépare, nous avons l’impression de nous être faufilés dans les coulisses….Puis les acteurs arrivent !

Le conducteur, le contrôleur, l’agent de maintenance, la guichetière, d’autres agents, entrent sur scène les uns après les autres, se saluant gaiement, revêtant leur costume bleu marine pour certains, d’autres dans l’ombre des machines restent comme ils sont.

Les chiens se lèvent et se mêlent à la préparation. Chaque personnage vient se présenter à nous poliment et nous serrer la main. Serait-on des spectateurs privilégiés ? Il faut dire que nous sommes pratiquement les seuls…Cette petite société de cheminots s’active pour préparer le grand départ.

La guichetière dans le rôle de mégère mécontente est parfaite ! Nous peinons à nous faire comprendre, mais nous finissons par obtenir deux jolis petits tickets de train rétro : j’ai l’impression que nous allons faire un tour de manège !

Le contrôleur, à l’aise dans ses baskets, vient nous parler avant le départ, évoquant ses voyages en France et sa rencontre avec les cheminots de Lille lors d’un meeting de la CGT. Pas besoin d’échauffement pour ce personnage qui connaît son texte sur le bout des doigts ! L’art de l’orateur coule dans ses veines.

Le conducteur, personnage beaucoup plus discret s’éloigne assez vite du quai pour monter dans la loco…Sans lui, pas de trajet, pas de spectacle !

Enfin nous prenons place sur nos fauteuils. Quelques fenêtres sont percées. Tant mieux, on aura de l’air. Le conducteur démarre. Durant 4h00 nous sommes plongés dans un trajet insolite et animé : par la fenêtre, on se salue, on s’interpelle. Le train parfois s’arrête au milieu de nulle part, dans ce paysage parsemé de champs, d’usines abandonnées et de maisons étranges ayant un escalier dans le vide. Des enfants sur le chemin de l’école font la course avec le train, ce qui n’est pas chose difficile. Olivier observe ainsi une libellule par la fenêtre, qui, dans une forme olympique, parvient à nous dépasser…

Les enfants tziganes entrent en scène à leur tour : installés à l’avant du train, ils multiplient les contorsions par la fenêtre pour cueillir des feuillages sur les bords du rail.

Vers la mi-parcours, une contrôleuse fait une entrée magistrale : le train s’étant arrêté à une gare, il se met à redémarrer et avancer en douceur, quand nous entendons des cris, puis des hurlements de plus en plus forts, avant d’apercevoir une silhouette échevelée et vociférante courant derrière le train ! « stoop stooppp !!! ». Elle s’époumone ainsi de longues secondes, tentant de monter sur une marche de wagon, puis renonçant et courant de plus belle, et soudain se rendant compte du sifflet qu’elle a autour du cou ! Quelques coups bien stridents et le conducteur s’arrête enfin. On l’entendra encore longtemps s’agiter dans le train, mécontente d’avoir été ainsi abandonnée, elle, pourtant une des actrices essentielles de la pièce !

Quant au conducteur, malgré sa modestie, il n’est pas en reste : durant tout le trajet il aura klaxonné chaque passant, chaque maison, chaque voiture. Un klaxon retentissant qui fait trembler les vitres et sursauter les passagers. Une hypothèse se forge alors : le train serait également un réveil matin  pour tous les habitants vivant aux alentours du rail !

6 Grèce : en attendant le train

Athènes-Thessalonique.500km

Attendre le train en Grèce. Le train de nuit vers Thessalonique. Athènes. Quai surpeuplé. Tout le monde l’attend, l’espère, en silence pour certains, en grande conversation pour d’autres. Debout au plus proche des rails, guettant l’arrivée des yeux jaunes au loin. Assis par terre ou sur les sacs, les mains dans la tête, la tête dans les réseaux virtuels. Se lever, s’asseoir, se relever, vérifier le panneau d’affichage. Compter jusqu’à 20, puis vérifier à nouveau. Chacun occupe différemment son attente forcée. L’observation est alors plus intense, on se met à regarder chaque détail, les chaussures de son voisin, l’intonation étrange de l’homme à sa droite, le chat dans la boite dont on arrive à peine à distinguer les deux pattes blanches, et le contenu du sandwich de l’adolescent, qui va finir par nous donner faim…

À Athènes, j’observais moi aussi tous ces détails, en attendant le train. Mon regard vagabondant d’une scène à l’autre, c’est finalement sur le panneau d’affichage que mes yeux se sont fixés. Les informations s’affichent alternativement en grec et anglais. Je m’amuse à déchiffrer les lettres grecques, et un mot me retient : μεταφορά – métaphora. J’attends le panneau anglais avec une légère excitation. Métaphora, métaphora… Ce mot m’emmène dans un monde imaginaire, au pays des métaphores, le mot perd son sens primaire, pour se métamorphoser en quelque chose de fantastique. Le triste dictionnaire aurait simplement parlé de figure de style, de rhétorique, de grammaire, d’un ton froid et plat ;  alors que « métaphora », écrit sur ce panneau d’affichage, me fait voir des mondes merveilleux, des animaux-objets, des personnes-nuages, des pays-couleurs, des trains-temples, des châteaux-dunes, et tant d’autres transformations possibles dans les contrées de Métaphora.

Les mots anglais s’affichent enfin : Métaphora est devenue transport. Tout me revient en tête, un sourire triomphant vient orner mes lèvres ! Bien sûr ! Le sens premier du mot transport est métaphore, issu du grec. Tout transport exprime cette transposition, cette transformation d’un état à un autre, le transport amoureux, les transports des sens, les transports de l’esprit. Ce mot à la gare d’Athènes, qui passe totalement inaperçu, insignifiant dans le tumulte, le brouhaha des discussions, les fracas du train, brille à mes yeux comme le Sésame de la caverne des 40 voleurs, comme s’il était la preuve que ce voyage n’est pas chose vaine, la preuve qu’en l’entreprenant, je possèderai les clés du royaume des métaphores…

L’arrivée du train me ramène à la réalité. Nous quittons Athènes dans un certain soulagement.


7 Bulgarie/Turquie : notre petit Orient-Express !

Bulgarie : Sofia/Istanbul 650km

La sortie des Balkans s’est effectuée par le train, pour notre plus grand plaisir. Quitter les Balkans a été une sensation étrange de déchirement. Après trois mois à parcourir les pays, longer l’Adriatique et la Méditerrannée, s’enfoncer dans les terres bosniaques et serbes, nous achevons notre route balkanique à Sofia en Bulgarie. Le trajet en train relie Sofia à Istanbul,  par la compagnie turque TCDD . Nous partons de nuit, dans une cabine couchette pour deux, dotée d’un lavabo, d’une table, d’un frigo et de deux couchettes convertibles en sièges. Le trajet vient d’être remis en route après de longues années de fermeture. Nous sommes euphoriques, découvrant notre lieu de voyage pour cette nuit. L’Orient Express est dans nos mémoires, comme un fabuleux trésor perdu que nous retrouvons aujourd’hui. La compagnie turque reprend les commandes des rails, terminant le périple. Le train précédent venait de Belgrade. Nous aurions pu ainsi remonter les rails en sens inverse et retourner à Paris, via l’Autriche, l’Allemagne…Sur la vitre se dessine en transparence le croissant et l’étoile, eux aussi actionnant dans nos esprits les contes orientaux, les histoires de sultans et de princesses, les plafonds étoilés, et les mosquées gigantesques.

Le passage de frontière s’effectue en pleine nuit, nous descendons de nos couchettes pour aller faire tamponner notre passeport. Les Balkans disparaissent au loin, et l’Orient nous appelle, nous attire déjà par ses talents de charmeur, ses épices, ses voix, ses couleurs. Nous n’arriverons pas directement dans la gare mythique d’Istanbul : celle-ci et les rails étant en réfection c’est un bus qui nous emmènera, depuis Kapikule. Nous n’irons pas non plus passer notre séjour au Pera Palace comme le faisaient les riches passagers de l’orient express de l’entre deux guerres, mais qu’importe, nous nous sentons aujourd’hui rois et reines, humant les souvenirs, les histoires, les rêves que l’Orient Express de Pullmann a laissé en héritage.

L’Asie nous ouvre ses portes sur le Bopshore. Il n’y avait pas plus belle façon de dire Adieu aux Balkans chéris.

3 thoughts on “Finding the balkan train !”

  1. Ah toujours ce plaisir de découvrir avec vous que le lointain est proche, que l’étrange étranger est notre frère, que les noms sont porteurs de savoirs enfouis (ostrog!). Que le voyage est encore cette « métaphore vive »…
    Amitiés. G

  2. Petit souvenir de train …. tout petit souvenir d’enfance, dans l’appartement à Paris, situé boulevard Péreire, juste au dessus de la  » petite ceinture » qui passait par le Pont Cardinet . Dans les quelques dizaines de m2 , moi et mon frère , on montait notre petit train miniature composé de quelques rails courbes et droites, et voulant échapper au sempiternel circuit rond ou au mieux en demi lune, on avait fabriqué dans un planche de bois tendre un AIGUILLAGE ….Quelle science du bricolage pour faire et adapter ce truc à notre vieux et trop simple circuit …et quels joie et plaisir quand nous avons vu la petite locomotive et ses wagons l’emprunter et partir ….ailleurs ….
    métaphore inconsciente de notre envie de grandir et d’inventer notre vie et quitter le cocon . Soixante ans ont passé, la vie a été inventée, un autre cocon trouvé , aujourd’hui déchiré et béant . Je pense à votre voyage, aux merveilleux paysages traversés et à toutes vos rencontres ….. laissant parfois émerger quelques infimes bribes de vie et l’incroyable certitude de ce que ces vies recèlent de joie et peine ! Oui l’étrange étranger est bien notre frère .

    1. génial ce souvenir 🙂

      merci
      les cocons, encore une histoire de fil à suivre et à dérouler, enrouler, raccomoder… !

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