L’Albanie a fait battre nos cœurs, de pulsations diverses. Cette carte postale sonore mêle pulsations régulières et chaotiques, ou  cahotantes, à l’image de ce pays que nous avons rencontré comme un cadeau, une belle surprise à chaque pas. L’Albanie remue les tripes, et nous fait danser sur un fil (cf. l’article prochain de mobilis in mobile !). Quelques aperçus à travers 11 ambiances albanaises.

  1. Nous arrivons à Valbona après plusieurs jours de marche et le passage de la frontière depuis le Montenegro. Sur un chemin très rocheux nous sommes pris en stop par un minibus. Ainsi commence notre odyssée cahotante en Albanie, bercés par les remous du bus qui nous surprennent et nous font rire aux éclats.
  2. Les villes ne sont jamais très grandes. Les immeubles et les grandes routes de l’époque communiste prennent brutalement fin pour laisser place à une nature sauvage, qui se fait entendre. Ici des crapauds au bord d’un étang, puis les chants des petits oiseaux en cage présents sous chaque arbre dans la ville. Nous sommes à Shkoder au nord du pays.
  3. L’auberge de jeunesse de Shkoder : des canapés et des hamacs dans la cour ombragée, de la musique des 60’s, une ambiance très paisible. Ici on rêve, on se croise, on échange les langages ; et on se laisse balancer par ce rythme chaloupé et chaleureux.
  4. Le 1er juin en Albanie c’est la fête des enfants : une fête solidaire que nous observons dans les rues. Les enfants célèbrent la différence, les ethnies, les religions multiples. Les petits tziganes sont vêtus de leur plus beau costume et tous chantent ou dansent ensemble. Une bouffée d’humanité qui nous nourrit.
  5. Derrière les discussions entre agents ferroviaires, on entend le train qui nous emmène vers Voré. Ce train est un petit cosmos, tout en lenteur. Le claquement des roues sur les rails nous plonge dans une sorte de torpeur. Le train, un vestige du passé communiste, dont le pouls bat encore, est aujourd’hui délaissé par les bus aux gros moteurs.
  6. Plongée dans l’histoire au Bunker d’Enver Hoxha rebaptisé Bunk’art, à Tirana. Aujourd’hui musée, nous entendons dans les nombreuses salles blindées, des souvenirs du passé. Chants communistes révolutionnaires, entrecoupés de la glaciale sirène de la guerre.
  7. En juin ont lieu les élections législatives en Albanie (aussi) : un candidat prêche la bonne parole dans la ville: il est totalement électrisé par son discours, grisé par son expérience de la sacro-sainte démocratie encore neuve. La perte de voix nous fait penser à un certain candidat devenu président…Quelle démocratie est à l’œuvre en Albanie ? Elle semble en tout cas bien chaotique elle aussi…
  8. Tirana, 22h00, 1ère prière après le coucher du soleil. Nous nous retrouvons au pied du minaret, figés par le chant lancinant, nous écoutons et retenons notre souffle, tout comme le muezzin. Le pouls de la ville s’est suspendu pendant ces minutes spirituelles.
  9. Tirana, festival de musique électro au bord d’un lac, au fin fond du grand parc de la ville. L’après-midi, rythme tranquille, puis plus dynamique le soir. L’ambiance est très familiale, on ferme les yeux et on s’évade avec les jeunes albanais, les quelques uns qui ne sont pas partis pour l’Italie, les USA ou d’autres contrées, tenter une vie plus prospère.
  10. Berat, dans la guesthouse de Lorenc. Cet hôte souriant et bavard discute avec nous, et c’est soudain derrière son bar, encouragé par l’ambiance du soir, qu’il chante Tosca, comme une chansonnette, avec cette voix puissante qui nous décoiffe. Lorenc, ténor à ses heures perdues, passionné, engagé, et rêveur, lui aussi.

Ainsi s’achève ce récit sonore de l’Albanie, vibrant de fragilité et d’intensité.  Bonne écoute !

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