Un exemple parmi d’autres de mobilité reliante en voyage est le couchsurfing : surfer sur un canapé, une pratique qui paraît pour le moins insolite, et pour cause ! Sur le site Couchsurfing, on cherche des personnes habitant à l’endroit où l’on désire se rendre, on se présente dans un message et on demande poliment si cette personne aurait une petite place chez elle pour nous héberger. Pas d’argent en jeu, le but est un échange humain, une rencontre, une aide, tout repose (en principe) sur la solidarité, la convivialité, et la curiosité !

Il n’y a donc pas plus reliante que cette mobilité, développée grâce à Internet et pratiquée par des millions d’individus.

Après quelques expériences en tant qu’hôtes (nous avons accueilli des personnes de Lettonie, Turquie, Etats-Unis, Taiwan, Belgique, Japon), nous avions compris que le couchsurfing apporte énormément à nos esprits en quête de découvertes et d’évasion : nous nous sentions en vacances sans bouger de chez nous, partageant le bonheur des voyageurs découvrant Paris ou le redécouvrant. Le couchsurfing faisait donc partie de nos projets de voyage.

C’est à Trieste que nous avons rencontré Andrea : une fois la demande acceptée, il faut toujours une certaine préparation psychologique, s’engager à rencontrer un inconnu et parler avec lui n’est pas toujours le plus évident, surtout pour les personnes ayant tendance à l’introversion (que nous sommes !). Lui ramener si possible un petit cadeau, une bouteille le plus souvent, être souriant et enthousiaste, cacher ses petits défauts et commencer à discuter avec son meilleur anglais (ce qui n’est pas, il est vrai, le point fort des français).

Nous prévoyions une nuit qui s’est rapidement transformées en deux, avant de repartir vers la Slovénie. Nous arrivons chez Andrea à la tombée de la nuit, accueillis par un grand Ciao dans la cage d’escalier ! Andrea vit dans un petit deux pièces, nous dormirons sur un matelas dans la cuisine-salon.

Très vite nous sommes plongés dans un bain de paroles et de sourires, et nous nous rendons compte que nous avons trouvé là plus qu’un simple hôte de Couchsurfing…Sérendipité vous dis-je,  décidément le mot-clé du fil conducteur !

Andrea mériterait un livre, une saga, un film italien à lui tout seul ! Passionné, il pratique le couchsurfing comme on entre en religion, comme on se lance en politique ou comme on savoure un bon plat au restaurant. Nous sommes les 350èmes couhsurfeurs à partager la table de la cuisine, et pas un signe de lassitude dans ses yeux ! Il nous parle de la ville, du voyage, de lui, nous pose de nombreuses questions, nous prépare à manger de délicieuses bruschette (pain grillé au four avec du fromage, de la tomate et du jambon et une petite préparation herbeuses dont il a le secret) et nous nous sentons très vite à l’aise. Plus les heures passent, plus nous discutons et nous découvrons des points communs : une claustrophobie partagée, un goût pour les idées communistes révolutionnaires certain, une même vision de la religion catholique, les activités de guide historique et l’écriture, et un humour que nous comprenons et adoptons rapidement. Est-ce l’effet Couchsurfing qui favorise les amitiés ? Peut-être bien, en tout cas il est créateur de rencontres et celle-ci nous ne l’oublierons jamais. Nous passons deux jours entiers en compagnie d’Andrea, qui se fait pour nous le meilleur des guides de la ville et le meilleur passeur d’histoires italiennes et européennes : Andrea est historien et écrit des articles pour différents médias, il raconte comme il respire, avec toujours une pointe d’humour et de mimes savoureux. Andrea est originaire de Bari et raconte avec délice la vie de son petit village sous le joug du prêtre mafieux Don Antonio, mélange entre le Parrain et Don Camillo. Nous passons notre dernière soirée à chanter des chants révolutionnaires italiens et français, sans peur d’être jugés, sans crainte de choquer car nous savons que nos idées sont les mêmes et que nous avons le recul nécessaire pour les apprécier : lorsque nous nous retrouvons dans cette petite pièce aux allures de cuisine de l’ex-urss, grignotant des cacahuètes et chantant « avanti popolo ! » avec cet inconnu devenu ami en quelques heures, nous pensons bien qu’une sorte de magie se cache là-dessous…Elle a opéré à Trieste le 10 avril 2017.

Les au revoir sont émouvants, nous sommes tristes de le quitter après ces deux jours intenses et les larmes ne sont pas loin…Nous prenons rendez-vous, quelque part dans le monde, un jour ou l’autre pour se relier à nouveau dans le grande monde de la mobilité.

Nous essaierons pour sûr de surfer sur d’autres canapés dans le monde, ainsi rencontrerons nous peut être d’autres Andrea à la générosité et au cœur d’or !

2 thoughts on “Andrea et la reliance”

    1. oui, il faut tenter cette expérience !! Cette communauté est super, on vient de renouveler en Croatie, et on va également le pratiquer en Bosnie d’ici quelques jours 🙂

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